OuvertureGianni Polito

La nuit, dans sa chambre, Gianni regarde son téléphone devant une grande fenêtre ouverte sur les toits de Lille et le beffroi. Un lapin dort sur la couette, à côté d’un ordinateur, d’un biberon et d’une console.

Version non sauvegardée, l’album de Gianni Polito

non sauvegardéeÉcrivez la vôtre — rien ne sera sauvegardé.

13 morceaux sur le quotidien, le temps qui passe, les liens qui changent et l’impression d’être encore en construction.

Note de version

Il n’est pas musicien.Il est designer.

Dans la vraie vie, Gianni Polito est designer. Cet album, il l’a construit comme il construit tout le reste : comme un projet. Avec des idées, des essais, des versions, des erreurs, des images — et beaucoup d’itérations.

Ça parle de

le quotidienle temps qui passele travailles trajetsles relationsla fatigueles choix qu’on faitou qu’on ne fait pasla familleles nuits où le cerveau refuse de s’arrêterl’impression d’être encore en construction.

01/13

J’pourrais claquer des doigts

Le rêve d’effacer d’un geste ce qu’on traîne depuis des années.

Gianni, casquette noire et lunettes, s’apprête à claquer des doigts. La moitié de l’image se dissout déjà en fumée blanche.

02/13

À plus tard

Tout ce qu’on repousse finit par revenir plus vite que prévu.

Gianni, sac au dos, au bord d’une falaise. En face, ses amis trinquent sur un autre rocher qui s’éloigne en s’effritant.

03/13

Qui sera là

Quand le temps passe, les liens changent et les absents se révèlent.

Un bras en marinière lève un verre de vin rouge qui s’échappe en spirale dans le ciel.

04/13

Santé

Des verres levés pour tenir debout quand le reste déborde.

05/13

Rien à comprendre

Des messages partout, du sens nulle part.

Une Peugeot 206 cabriolet bleue quitte l’asphalte et part dans la terre, laissant ses traces de pneus derrière elle.

06/13

L’autre route

Le vertige discret des vies qu’on aurait pu vivre.

07/13

Version d’essai

Une vie en construction, entre réglages, ratés et reprises.

Gianni assis dans un emballage de jouet jaune, vendu avec ses accessoires : un ordinateur, un café, un casque.
Un lapin blanc épuisé, langue pendante, gravit un escalier de liasses de billets pendant que les marches derrière lui partent en flammes.

08/13

Dans la roue

Une course sans fin, entre fatigue, pression et automatismes.

Gianni s’accroche à un avion qui file dans l’espace au-dessus de la Terre. Une de ses baskets tombe dans le vide.

09/13

Mode avion

Couper le flux, prendre de la hauteur, respirer un peu.

Deux silhouettes debout devant un soleil immense, leurs ombres étirées sur un chemin rose.

10/13

Notre soleil

Une lumière intime au milieu du bruit et du doute.

11/13

J’dors plus la nuit

La nuit amplifie tout ce qu’on n’arrive plus à faire taire.

La nuit, Gianni est assis sur un toit face à la ville illuminée et au beffroi. Un biberon est posé à côté de lui.
Gianni, sac sur l’épaule, sur le pas d’une porte, la main en visière face à un lever de soleil sur la mer.

12/13

J’y vais

Le moment où le doute recule enfin d’un pas.

Sous une pluie battante et un arc-en-ciel, Gianni éclate de rire, parapluie à la main, à cheval sur un tigre rose et jaune.

13/13

Andrà tutto bene

Une phrase simple pour tenir quand rien n’est certain.

Fin du brouillon

Cette version ne sera jamais sauvegardée.

Elle continue de bouger, de changer, de grandir. C’est celle-là qu’on écoute.

Pochette de l’album Version non sauvegardée de Gianni Polito : Gianni, de dos, regarde son téléphone devant la fenêtre ouverte sur la ville la nuit.